L'écologie gagnante des élections municipales à Bordeaux

Mis à jour : janv. 9

Par Jean-Christophe PINA pour BU


Bordeaux se met au vert !

Ce dimanche 28 juin, la Mairie de Bordeaux a connu un basculement historique. Pour la première fois depuis 73 ans, la droite a cédé sa place. C’est Pierre Hurmic de la liste Bordeaux Respire écolo-socialiste qui remplacera le maire sortant Nicolas Florian, après avoir obtenu 46,48 % des scrutins lors de ce deuxième tour des élections municipales.


Pierre Hurmic s’est exprimé devant la presse peu après l’annonce des résultats hier soir : “Je suis prêt, avec toute une équipe qui m’a accompagné durant la campagne électorale ; et donc nous sommes prêts aujourd’hui, à gouverner intelligemment, écologiquement, socialement la ville de Bordeaux”. Avocat de profession né au Pays Basque, le futur maire est un militant écologiste de longue date. Il a participé à la fondation de Génération Écologie avant d’intégrer les Verts. Il a été conseiller régional d’Aquitaine durant 12 ans et siégeait comme conseiller au Conseil municipal et à Bordeaux Métropole depuis presque 25 ans. Son parti, Bordeaux Respire, compte parmi sa liste de nombreux activistes environnementaux issus de la société civile. Le parti promet dans son programme de “[...] répondre aux trois enjeux majeurs, jusqu’à présent négligés par l’équipe municipale en place : l’urgence climatique, l’urgence sociale et l’urgence démocratique.”


Nicolas Florian, candidat malheureux de la liste Union pour Bordeaux avec 44,12 % des voix, avait été élu maire de Bordeaux par le Conseil municipal le 7 mars 2019, alors qu’Alain Juppé quittait ses fonctions pour rejoindre le Conseil constitutionnel. M. Florian avait travaillé 5 ans à la mairie aux côtés d’Alain Juppé qu’il désignait alors comme “son père en politique”. Entre les deux tours de ces élections municipales de 2020, le maire LR a osé l’alliance avec le parti macroniste LREM, porté par Thomas Cazeneuve à Bordeaux.

Hier soir, Nicolas Florian a pris la parole dans les salons de la mairie, en commençant par évoquer sa tristesse, tout comme l'avait fait Alain Juppé, lors d’une rapide déclaration plus tôt dans la soirée. Nicolas Florian a félicité ses deux opposants et remercié les Bordelais tout en déplorant le taux élevé d’abstention. Puis il a parlé de l’avenir “Une nouvelle page va s’ouvrir pour Bordeaux, je ne baisserai pas le bras. Et l’ensemble de mes coéquipiers siégeront avec dignité lors du prochain Conseil municipal et pour les années qui viennent, dans un esprit constructif. Nous sommes des gens bienveillants, ouverts, mais nous serons aussi des gens vigilants.”


Philippe Poutou, de la liste Bordeaux en Luttes entre au Conseil municipal avec 9,39 % de suffrages. Personnalité locale de la lutte syndicaliste, il a régulièrement porté la parole des ouvriers de Ford Blanquefort dans leur lutte contre la fermeture de l’usine. Il s’est aussi présenté aux élections présidentielles à deux reprises, sous les couleurs du NPA. Entouré de ses partisans scandant “Et un, et deux et trois élus !”, il saluait hier soir sur une vidéo diffusée sur la page Facebook du parti “un moment historique” et l’entrée au Palais Rohan de “trois camarades d'une liste de gauche anticapitaliste radicale […] gilets jaunes, syndicalistes”. “On a réussi à faire entendre la colère sociale, on a réussi à rendre visibles les quartiers populaires de Bordeaux, on a réussi à rendre visibles les inégalités sociales et à faire la démonstration que Bordeaux ce n’était pas qu’une ville bourgeoise. [...] Maintenant cette colère on va la faire rentrer dans le parlement bordelais.”


C’est aussi le taux d’abstention record de 61,67 % qui a marqué ces élections. Des abstentions peut-être motivées par une peur de fréquenter les bureaux de vote. Le premier tour du scrutin, organisé quelques jours avant le début du confinement, avait en effet été soupçonné d’avoir contribué à propager le COVID-19 dans certaines communes françaises.

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