Les îles de Lérins, un goût de paradis en Méditerranée

Par Céline B. pour BU


Archipel prenant place en pleine Méditerranée et rattaché à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les îles de Lérins forment un joyau naturel à quelques encablures de la ville de Cannes. Point de séparation entre le Golfe de la Napoule et le Golfe de Juan, il se compose de deux grandes îles, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, puis de deux îlots déserts, la Tradelière et Saint-Ferréol. Une cinquième île simplement appelée « l'Îlot » se situe également au sud de Saint-Honorat.



Sainte-Marguerite, entre oisiveté et terre d'histoire


Sur 3,5 kilomètres de longueur, Sainte-Marguerite est la plus visitée d'entre elles, attirant aussi bien les vacanciers avides de terres sauvages que les passionnés d'histoire. Bordée d'une eau turquoise idyllique et d'une forêt composée de pins et d'eucalyptus, elle propose une quinzaine de plages propices au dépaysement et d'un chemin de ceinture rugueux pour les promeneurs les plus aguerris.


Le Grand Jardin de Sainte-Marguerite, un espace botanique de 13 750 mètres carrés, voit se côtoyer cèdres du Liban, palmiers et cyprès au centre d'un large ensemble d'arbres fruitiers. Bananiers, citronniers ou encore figuiers s'élèvent ainsi au cœur de milliers de fleurs telles que des géraniums, des roses et une belle collection d'iris. À leurs côtés, d'imposants bâtiments, construits entre le XIIème et le XVIIème siècles, sont enserrés d'un mur créé par le cardinal de Richelieu.



Toujours intactes, la Maison du Gouverneur, la Maison des Métayers et la Tour Carrée ont vu se succéder d'illustres propriétaires parmi lesquels les Moines de Lérins, Louis XIV, le gouverneur de Provence ou le duc de Guise. Le sculpteur danois Viggo Jarl achète le domaine en 1928 avant de le revendre en 1982 à un promoteur cannois, Claude Muller. C'est finalement un homme d'affaires indien, Vijay Mallya, qui l'acquiert en 2008 pour trente-huit millions d'euros.


Classée zone Natura 2000, l'île Sainte-Marguerite est nommée en hommage à la sœur d'Honorat, fondateur de l'abbaye qui trône sur les terres de sa voisine. Tandis que l'étang du Batéguier offre un sublime observatoire d'oiseaux migrateurs, le Fort Royal, abritant aujourd'hui le Musée de la mer, incarne l'endroit incontournable de l'exploration. Consolidé après Vauban, il fut, au XVIIème siècle, la prison du Masque de fer pendant onze années. De nos jours, entre expositions photographiques et galerie de peintures récupérées lors de fouilles, il est toujours possible de visiter sa cellule : 30 mètres carrés derrière des barreaux donnant sur une mer azur.



Saint-Honorat, île monastique et havre de paix


Six fois plus petite que l'île Sainte-Marguerite, l'île Saint-Honorat s'étend sur trente-sept hectares peuplés de pins maritimes et parasols. Elle préserve le monastère de Lérins, classé monument historique depuis 1941. Les touristes adorent son charme discret, l'abondance de sa nature verdoyante et le calme intense d'un lieu qui semble déconnecté du monde.


Bénéficiant d'un patrimoine important, elle fut fondée au Vème siècle par le moine cistercien Honorat. Aujourd'hui, elle reste habitée par une vingtaine d'entre eux qui structurent leurs journées entre prières, travaux et accompagnement des visiteurs. À quinze minutes de Cannes après une traversée en bateau revigorante, la balade sur ces terres procure une parenthèse de détente, la possibilité de reconquérir une certaine forme de spiritualité sans toutefois imposer un quelconque itinéraire religieux.



Pour ceux qui le désirent, des messes sont données le matin en semaine tout comme le dimanche alors qu'une retraite est proposée. Sur huit hectares de vignes, les moines se consacrent également à la production viticole qui se déroule entièrement sur place. Des vendanges à la mise en bouteille, toutes les opérations sont effectuées sur l'île avec, comme point d'orgue, une dégustation organisée chaque premier vendredi du mois.



Loin des paillettes si chères à la Croisette, l'île Saint-Honorat se vit comme une bulle d'authenticité, aux vues majestueuses. Sept chapelles, dont la Trinité, enveloppent le parcours en passant par les fours à boulets Napoléoniens et les chemins d'oliviers. Superbe trésor du passé, l'ancien monastère fortifié domine le paysage en se hissant à l’extrémité de l'île, aux limites de la mer. Son ascension représente l'acmé d'une plongée dans l'histoire, riche en apprentissage et en apaisement.


Site officiel : https://www.cannes-destination.fr/visites-incontournables/iles-lerins-cannes

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